Une histoire de fougue, de compassion et de cœur

Originaire de Terre-Neuve, Donna Connolly est à l’image de sa province natale : solide comme le roc. Mais malgré tout sa fougue, Donna a eu besoin d’être soignée à l’Institut de cardiologie. C’est pourquoi elle et son conjoint Greg encouragent la population à utiliser les services de l’Institut et à l’appuyer financièrement.

Un beau samedi soir, Donna et son conjoint regardaient Mantracker, l’émission préférée de Greg. À la blague, Greg a fait remarquer à Donna que comme elle l’obligeait à regarder ses téléromans à l’eau de rose, elle pouvait bien regarder Mantracker avec lui. Le couple a ri, et Greg s’est tourné vers le téléviseur. Puis soudain, il a entendu un cri étouffé, semblable à celui d’un phoque. Il s’est tourné vers sa conjointe. « Quand je l’ai vue, j’étais certain qu’elle venait de mourir », raconte-t-il.

« J’ai senti mon cœur s’arrêter, puis tout a ralenti dans mon corps. Je me souviens d’être tombée, puis plus rien. Quand j’ai repris connaissance, j’étais étendue sur une civière dans l’ambulance », confie-t-elle. « Puis j’ai entendu la voix de Greg. » Douze ans plus tôt, Donna s’était fait implanter un stimulateur et un défibrillateur cardiaque à titre préventif. « Si je ne les avais pas eus ce soir-là, je serais probablement décédée », ajoute-t-elle.

Donna et Greg se sont rendus à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa afin que Donna puisse bénéficier d’une greffe cardiaque. Après des années d’insuffisance cardiaque, de fractures subies lors d’évanouissements, d’essoufflement et de toux persistante, le cœur de Donna ne fonctionnait plus qu’à 18 % de ses capacités lorsque son médecin terre-neuvien lui a annoncé de bien mauvaises nouvelles. Donna se souvient qu’il lui a dit : « Ma chère, l’heure est grave. Ça m’attriste beaucoup de vous le dire, mais je pense qu’il vous reste moins d’un an à vivre. » Le médecin lui a ensuite signalé qu’elle avait besoin d’une transplantation cardiaque.

Trois semaines plus tard, Greg et Donna avaient déjà trouvé un logement temporaire à Ottawa et rencontré les Drs Davies et Yip pour une évaluation complète. Le cœur de Donna ne fonctionnait plus qu’à 9 % de ses capacités. Elle a été inscrite sur la liste des patients en attente d’une transplantation. « Je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’elle ne rentrerait peut-être pas à la maison avec moi », confie Greg.

Durant l’attente d’un cœur compatible avec son gabarit et son groupe sanguin, Donna a continué de souffrir d’évanouissements. Un soir, elle a chuté. « En m’affaissant sur ma jambe, j’ai fracturé mon tibia et mon péroné au niveau de la cheville », souligne-t-elle. Elle a été transférée à l’urgence, mais on lui a indiqué qu’il était impossible de l’opérer puisque son cœur était trop faible. On a plâtré sa jambe et sa convalescence a duré plus de deux mois, au cours desquels Donna ne pouvait ni s’assoir ni mettre du poids sur sa jambe. À cause de son plâtre, son nom a été retiré de la liste de transplantation, et Donna a commencé à se demander si elle s’en sortirait. Heureusement, grâce au soutien régulier de Jackie Grenon et du personnel de l’Institut, elle a rapidement retrouvé espoir. On lui a retiré son plâtre et on a remis son nom sur la liste d’attente de transplantation.

Une semaine plus tard, on l’a appelée. « J’étais assise quand le téléphone a sonné. C’était l’infirmière praticienne. Elle m’a dit : ‘‘On a un cœur pour vous, pouvez-vous venir?’’ J’étais là 15 minutes plus tard. Il fallait d’abord que je me lave les cheveux ─ pas question de sortir sans les laver! » La résilience de Donna n’a d’égal que sa joie de vivre et son amour pour son conjoint Greg. Les Connolly incarnent parfaitement les qualités qu’on attend d’un couple terre-neuvien : ils sont amicaux, terre-à-terre et humbles.

Après un long délai ─ la famille du donneur n’était pas prête à faire ses adieux au défunt ─ les chirurgiens ont récupéré le cœur et l’heure de l’opération est venue. Toute la nervosité de Donna s’est dissipée lorsqu’elle a rencontré l’anesthésiste responsable de la préparer : les nombreuses blagues du Dr Sohmer au sujet de Terre-Neuve l’ont immédiatement détendue. Preuve de cette belle complicité, Donna s’est mérité le surnom de « Madonna la Terre-Neuvienne ». Elle a promis de donner une bouteille de Screech au Dr Sohmer et à son chirurgien, le Dr Boodwhani, après son opération.

À son arrivée au bloc opératoire, le cœur de Donna ne fonctionnait plus qu’à 7 % de ses capacités et on ne lui donnait que deux heures à vivre. « Les membres de l’équipe m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu un cœur en si piteux état, et qu’ils craignaient qu’il s’arrête de battre », raconte Donna.

Avant l’opération, Donna a commencé à souffrir d’insuffisance rénale et à sentir que son cœur défaillait. « Mon cœur battait tellement fort qu’il était trois fois plus gros que d’habitude. La partie droite de mon cœur faisait tout le travail », souligne Donna.

Même si elle éprouvait des symptômes d’insuffisance cardiaque depuis plus de 19 ans, Donna n’a sollicité les services de l’Institut que lorsque la situation s’est avérée urgente. Son conjoint et elle reconnaissent qu’ils auraient dû agir plus tôt. « Les gens doivent savoir qu’ils ont accès à ces services. Il faut qu’ils demandent à leur médecin s’ils peuvent être soignés à l’Institut de cardiologie. Il ne faut pas avoir peur de poser des questions », précise Greg. « Si on a mal, il ne faut pas avoir peur de se plaindre. Je n’ai pas su me plaindre, parce que je n’ai jamais été plaignarde », confesse Donna.

S’ils ne s’entendent pas sur leurs préférences télévisuelles, Donna et Greg s’entendent toutefois pour dire que l’Institut a eu une incidence très positive sur leurs vies : « Les employés ont été formidables, ils nous ont accompagnés tout au long du processus, c’était impressionnant », dit Greg.

« Mon doux, j’ai été traitée aux petits oignons, ajoute Donna. Du moment de mon arrivée au moment de mon départ, j’ai eu droit à un service hors pair, c’était incroyable. »

« Je n’ai jamais vu des soins aussi complets ailleurs, confie Donna. Si je gagnais à la loterie, je leur donnerais la moitié du gros lot, parce qu’ils le méritent pleinement. » Greg ajoute qu’ils ne se sont jamais sentis traités comme des numéros, et que le personnel était totalement à leur écoute. Il a d’ailleurs été très impressionné lorsque le chirurgien de Donna, le Dr Boodwhani, lui a téléphoné après l’opération : « Il ne m’a pas simplement dit que l’opération avait fonctionné; il a vraiment pris le temps de discuter avec moi. »

Et selon le couple, l’excellence du service ne s’est pas limitée aux médecins. « Les infirmières travaillent avec beaucoup de compassion ─ et d’attention. Elles ne se contentent pas de simplement faire leur travail », souligne Greg. « Ce sont des anges », renchérit Donna. « Je n’en reviens pas à quel point elles ont été gentilles, ajoute Greg. Elles ont non seulement pris soin de Donna, mais aussi de moi. Elles ne m’ont pas oublié. »

« Vraiment, je leur lève mon chapeau. Je suis infiniment reconnaissant envers tout le personnel, y compris la concierge », souligne Greg. De leur propre aveu, Donna et Greg sont à court de mots pour exprimer toute leur gratitude envers l’Institut de cardiologie. « Je ne pourrai jamais assez les remercier pour tout ce qu’ils ont fait pour moi », renchérit Donna.

« Ils m’ont donné la vie en cadeau. »

« Ils nous ont donné la vie en cadeau », précise Greg.

En plus de remercier les médecins, les infirmières et l’ensemble du personnel de l’Institut, le couple est aussi très reconnaissant envers la personne qui a donné son cœur à Donna : « Que Dieu bénisse cette personne, elle m’a donné une deuxième vie, et je prie pour son âme chaque soir. » Donna estime que c’est sa foi, sa fougue et sa relation avec son conjoint qui l’ont aidé à surmonter cette épreuve. « Je remercie Dieu de m’avoir donné ma foi et ma force intérieure, dit-elle. Durant toute cette épreuve, j’ai toujours su que j’allais m’en sortir. »

Donna conseille aux personnes qui traversent une expérience semblable de rester positives : « Ne perdez pas espoir, parce que sans espoir, tout est fini. Battez-vous jusqu’au bout. J’ai survécu grâce à ma foi, à ma détermination et à mon amoureux ─ il m’a accompagné tout au long du processus. Je n’aurais pas pu avoir un meilleur partenaire pour traverser cette épreuve. »

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