Marcher « pour le cœur » sur le chemin de Compostelle

par Heather Moore

Saint-Jacques-de-Compostelle est un chemin de pèlerinage qui attire des milliers de personnes venues se recueillir devant la tombe de l’apôtre saint Jacques en Espagne.

Parcourir ce chemin était aussi un moyen, pour moi, d’exprimer ma gratitude envers l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, qui a tant fait pour notre famille et à qui nous serons toujours reconnaissants.

La marche a changé ma vie, et l’an dernier, j’ai marché pour soutenir l’Institut.

Il y a plusieurs années, mon médecin m’a dit que mon corps commençait à montrer des signes de négligence. J’étais bien décidée à changer ça. Après avoir assisté à une conférence relatant le voyage d’une mère et de sa fille sur le Camino Frances, j’ai su que c’était ce que je voulais faire. J’ai fait quatre marches depuis.

La première a commencé à Saint-Jean-Pied-de-Port, en France, et s’est terminée à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. J’ai parcouru ce chemin en 34 jours au printemps 2004. Les longues journées, la compagnie des autres pèlerins et les gens de l’endroit m’ont conquise. J’ai tellement aimé mon expérience qu’en 2009, j’ai parcouru le Camino Frances avec deux amies proches. Je l’ai ensuite refait seule en 2013.

Je n’ai moi-même jamais été une patiente de l’Institut de cardiologie, mais mon mari Brian, lui, a eu besoin de cet hôpital à plusieurs reprises. En 2011, Brian a subi sa première crise cardiaque en Angleterre, juste avant Noël. La seconde a frappé en décembre 2012, ici même à Ottawa, pendant qu’il était au gym avec son entraîneur. Enfin, en février 2015, alors qu’il s’entraînait sur un tapis roulant, Brian a fait une troisième crise cardiaque. Il a dû passer de nouveau quelques jours entre les mains du merveilleux personnel médical et infirmier de l’Institut.

Heureusement, Brian s’est bien rétabli. Il a continué à faire de la marche et de la musculation, jusqu’à ce qu’il se sente assez fort pour faire la première journée de la Via de la Plata, ma plus récente marche, avec moi! Je tenais aussi à trouver une façon de soutenir l’Institut de cardiologie pour tout ce qu’il nous avait apporté.

J’ai donc décidé de verser un dollar à l’Institut pour chaque kilomètre parcouru. Le chemin de Séville à Saint-Jacques-de-Compostelle, le plus long pèlerinage d’Espagne, s’étire sur 1000 km. Nous avons donc fait un don de 1000 $ pour remercier tous ceux et celles qui, par leurs soins, « aident mon Brian à avancer » et me donnent envie de « marcher pour le cœur ».

Ce témoignage vise à vous raconter cette aventure extraordinaire.

La Via de la Plata n’est pas aussi populaire que les autres. Je savais que je marcherais seule une bonne partie du chemin. Mais même si je n’avais que mes pensées pour me distraire, je savais que je n’étais pas vraiment seule, puisque je marchais pour le cœur.

Je suis partie de Séville le 25 août à 7 h. Brian a marché avec moi la première journée, histoire de ressentir lui aussi la signification de cette marche. Il a marché 28 km avec moi dans une chaleur étouffante, un moment privilégié que nous avons beaucoup apprécié. Après le départ de Brian, il me restait 970 km à marcher jusqu’à ma destination, Saint-Jacques-de-Compostelle. Une fois que Brian a été de retour chez nous, nous avons communiqué chaque jour par téléphone ou texto.

Brian, mon mari.

Brian, mon mari.

Bien des pèlerins rencontrés en cours de route m’ont marquée, dont Marc, un authentique nomade de 47 ans qui demeure dans une roulotte au Portugal.

Quand j’ai parlé de Brian à Marc pour lui expliquer pourquoi j’avais entrepris cette marche, il m’a montré une longue cicatrice sur sa poitrine. Il m’a ensuite raconté son incroyable histoire. Un jour, il marchait sur un sentier en France et a commencé à ressentir les symptômes d’une crise cardiaque. Conscient de ce qui se passait, il a appelé un taxi pour se rendre à l’hôpital le plus proche. Là, le médecin lui a confirmé que c’était bel et bien une crise cardiaque et qu’il fallait l’opérer d’urgence. Marc n’avait pas d’assurances, mais le médecin lui a dit qu’il connaissait un chirurgien-cardiologue à Paris qui lui devait une faveur. Marc a donc été emporté par hélicoptère à Paris pour subir l’opération qui lui sauverait la vie. En un rien de temps, il arpentait de nouveau les sentiers, dont, deux mois plus tard, la Via de la Plata. Nous avons marché ensemble sur des terrains très difficiles, y compris une montagne qui n’était pas de tout repos. Peu importe la difficulté, je marchais avec une détermination renouvelée.

Marc

Marc

J’ai connu de nombreuses journées très difficiles. Les températures ont baissé substantiellement alors que je montais vers le Nord, et il s’est mis à pleuvoir. Le vent était si fort qu’il m’a presque poussée sur la route. J’étais de plus en plus fatiguée, mais j’avais en tête le courriel que ma petite-fille Isla — elle a cinq ans —, m’avait envoyé la veille : « Des jambes fortes, mamie, des jambes fortes. » J’ai poursuivi ma route sans problème, puisque j’avais les jambes « fortes ». Je marchais le cœur rempli d’amour.

El Camino blog photo (5)

Je suis enfin arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle le 4 octobre. J’avais très hâte de voir Brian, qui devait venir me rejoindre le lendemain. Je me sentais forte et accomplie. Mon mari et moi sommes très chanceux d’avoir pu marcher ensemble le premier jour. Et si nous avons pu le faire, c’est en grande partie à cause des soins extraordinaires que Brian a reçus à l’Institut de cardiologie.

Nous ne pourrons jamais vanter assez la qualité exceptionnelle de ces soins. Merci!

Brian et moi!

Brian et moi!

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