Le narguilé n’est pas sans danger

Le tabagisme est la principale cause de maladies évitables et le 2e facteur de coût pour le système de santé ontarien. Alors que nous poursuivons nos efforts pour que l’abandon de tabac demeure une priorité dans notre système de santé, il devient clair que nous devons également porter attention à une tendance qui gagne beaucoup de terrain, et ce, malgré sa dangerosité : l’utilisation du narguilé.

Le narguilé (aussi appelé pipe à eau, chicha ou houka) est un appareil conçu pour fumer le tabamel, un mélange de tabac (habituellement aromatisé) et de produits à base de plantes. Son usage repose sur la chaleur indirecte et la filtration par l’eau. Le narguilé comprend généralement un réservoir en verre que l’on remplit d’eau, une cheminée au sommet de laquelle se trouve un petit bol dans lequel on dépose le tabamel que l’on recouvre d’un papier aluminium perforé avant d’y placer du charbon ardent. Finalement, un tuyau flexible muni d’un embout buccal relié au narguilé sert à aspirer la fumée qui est refroidie durant son parcours dans le réservoir d’eau.

Traditionnellement utilisés au Moyen-Orient, en Iran et en Asie du Sud, les narguilés deviennent toutefois de plus en plus populaires chez les adolescents et les jeunes adultes au Canada, et ailleurs dans le monde. Selon les données ontariennes de 2012-2013, environ 11 % des adolescents (de 15 à 19 ans) et 30 % des jeunes adultes (de 20 à 24 ans) ont déclaré avoir utilisé un narguilé au cours de l’année, ce qui constitue une augmentation par rapport à l’année précédente. Plusieurs raisons expliquent la popularité croissante des narguilés. Des données probantes provenant de divers études et sondages montrent toutefois que l’une des raisons les plus couramment invoquées repose sur une idée erronée entourant les risques pour la santé de cette pratique.

En effet, de nombreux utilisateurs (mais aussi de non‑utilisateurs) de chicha croient que les risques pour la santé associés à l’emploi d’un narguilé sont beaucoup moins importants que ceux associés à la cigarette, parce que la majorité des toxines seraient éliminées lorsque la fumée du tabac est filtrée dans le réservoir d’eau.

En réalité, la fumée inhalée au moyen d’un narguilé contient de nombreuses toxines présentes dans la fumée de cigarette, comme le monoxyde de carbone, la nicotine, le goudron, des métaux lourds et des hydrocarbures aromatiques. En fait, une seule séance de chicha peut produire 1,7 fois plus de nicotine, 6,5 fois plus de monoxyde de carbone et 46 fois plus de goudron qu’une cigarette. Au cours d’une séance normale, un utilisateur de narguilé peut inhaler 100 à 200 fois la quantité de fumée produite par une cigarette.

En raison de la popularité croissante des séances de chichas au Canada et dans d’autres pays, il est clair que l’utilisation des narguilés est un sujet de préoccupation croissant en matière de santé publique. Par conséquent, il est essentiel d’attirer l’attention sur cette nouvelle tendance tout en poursuivant nos efforts collectifs visant la promotion de l’abandon du tabac sous toutes ses formes.

Renseignez-vous sur le Modèle d’Ottawa pour l’abandon du tabac et sa prochaine conférence.

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